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MICHEL DE PARIS : POURQUOI PAS UN TOUR DU MONDE ?

S’il fallait graver les échelons de la complexité en matière d’organisation de voyages sur mesure, le tour du monde serait de loin le premier de la liste. Michel Deparis, professionnel du voyage depuis 25 ans a choisi depuis deux ans d’y consacrer toute son activité au sein de sa nouvelle agence : " les connaisseurs du voyage ".

Nous sommes allés le questionner pour en savoir un peu plus avant que vous n’alliez, par vous même lui soumettre vos projets...

ATM : qui peut s’adresser à vous pour l’organisation de son tour du monde ?

Le principe même de notre activité est de pouvoir répondre à tous les types de profils. Celui du routard qui part sac à dos, celui du " senior " qui dispose de temps et d’argent ou bien le couple qui organisera son anniversaire de mariage...

ATM : qu’est-ce qui motive l’amateur de ce type de voyages ?

La découverte du monde bien entendu, le principal objectif est un objectif culturel. Les amateurs de tour du monde sont plutôt des gens cultivés, qui connaissent bien leur sujet d’un point de vue géographique, historique, économique...

ATM : le tour du monde est-il encore un " fantasme " de voyage ?

Il y a encore 20 ans, le voyage était bien moins médiatisé par la presse et la télévision. Les opportunités de tours du monde étaient elles aussi bien moins nombreuses, ne serait-ce qu’en raison du coût élevé des transports aériens. Aujourd’hui, l’information à propos du voyage est présente sur tous les médias (radio, TV, presse, internet), les tarifs ont baissé, les voyageurs sont plus matures et le tour du monde n’est plus un fantasme de voyage inaccessible contrairement à ce que l’on pourrait effectivement imaginer.

Je reçois par exemple des jeunes qui viennent de terminer leurs études et qui, plutôt que de se mettre en chasse d’un emploi, décident de partir pour un tour du monde. Celui-ci est pour eux le symbole d’un vrai départ dans la vie, une première expérience indispensable, un enrichissement de la personnalité, un complément direct de leur cursus pour " doper " leur bagage universitaire par exemple.

Je rencontre aussi des candidats à l’année sabbatique. Pas seulement des cadres mais aussi des employés. Certains partent seuls, mais d’autres choisissent de tenter l’aventure en famille, avec leurs enfants en prévoyant d’assurer leur éducation scolaire durant le voyage. Le tour du monde, dans ce cas est tout autant une ouverture culturelle pour les enfants que pour les parents.

Et puis tous nos nouveaux retraités, en bonne forme physique et bénéficiant d’un revenu correct, qui apprécient dépenser une partie de leurs économies de toute une vie en voyageant aux quatre coins de la planète...

Je reçois aussi des chômeurs qui, ne trouvant rien à leur convenance en France en matière d’emploi, décident de partir pour un tour du monde qu’ils peuvent alors agrémenter de différentes missions dans des pays comme l’Australie par exemple. Il peut même arriver qu’ils y restent pour de bon, avec un emploi solide. Le globe-trotter d’aujourd’hui n’est pas nécessairement un oisif, la recherche de travail dans les pays traversés est courante. Des métiers proches de la gastronomie, de la pâtisserie de la publicité ou de l’informatique permettent facilement de s’installer ou d’assurer son autonomie à l’étranger.

Mais la vraie nouvelle clientèle du tour du monde est tout de même la jeunesse. Ce qui était un luxe de personnes plutôt âgées et dotées d’un fort pouvoir d’achat est maintenant accessible aux plus jeunes du fait de la baisse considérable du prix des billets d’avion.

ATM : vous êtes à mille lieux du voyagiste classique qui distribue " un forfait tour du monde " sous la forme d’une course d’aéroport en aéroport (ouf ! Tant mieux !), comment procédez-vous avec les clients qui vous consultent ?

Ne croyez pas cela prétentieux, mais j’ai presque une démarche de " psychanalyste du voyage ". Je ne peux en aucun cas concevoir un projet de tour du monde " sur mesure ", sans rencontrer mon client et tenter de cerner ses réelles motivations. Je ne peux concevoir son programme que si je sais ce qu’il recherche, quels sont les domaines qui le passionne (nature, vieilles pierres, rencontres avec les peuples etc...), quels sont les pays où il est déjà allé, où il voudra revenir ou bien ne plus passer. Je tente de m’adapter à ses désirs, au temps dont il dispose, à son budget.

Une fois le projet ébauché (celui-ci peut-être un tour du monde ou bien un tour de continent), je lance des demandes de cotations et je fournis une proposition chiffrée sachant qu’entre deux, je prendrai soin de conseiller mon client afin qu’il évite certains détours parfois fort coûteux. Un parcours mal étudié d’un point de vue aérien peut vite ajouter 5000 FF de plus à un projet d’origine... Il faut donc accepter quelques concessions pour demeurer dans l’enveloppe que l’on s’est fixée au départ. C’est à moi de conseiller le client en ce sens pour lui permettre de réaliser son rêve.

L’exemple type du dépassement de budget est celui du passage par l’île de Pâques. Celui-ci s’avère le plus souvent comme un détour coûteux dans le cadre d’un projet de tour du monde pour trois ou quatre malheureux jours de visite touristique classique. Ceux qui désirent découvrir l’île ont donc plutôt intérêt à la considérer comme un stop de détente et de repos en y séjournant une quinzaine de jours. Mieux vaut s’y immerger totalement en louant une petite maison, par exemple, que d’y investir une lourde part de son budget pour un simple survol... en ce qui concerne ceux qui disposent de temps, bien sûr !

ATM : quels sont les destinations les plus demandées ?

Principalement celles qui bénéficient d’une image exotique à tout point de vue. L’Asie, la Chine, Bali, la Nouvelle Calédonie... et puis l’Australie pour son image de " nouveau monde ". L’Afrique Australe est aussi de plus en plus demandée.

ATM : quels sont vos premiers tarifs en matière de billetterie aérienne pour ce type de voyage ?

A titre indicatif, notre agence suggère une vingtaine de parcours aériens types à moins de 10 000 FF (hors prestations terrestres). A partir de cette base, il faut bien sûr prévoir une marge pour financer son quotidien sur place.

ATM : à ce propos justement, pouvez-vous aider vos clients en matière de prestations terrestres ?

Bien entendu. D’autant plus que nous sommes les seuls à ce jour à proposer des tours du monde sur mesure. Le reste de l’offre, sur le marché français, est essentiellement composée de tours du monde en Concorde et de tours du monde en groupe (grands groupes !) à dates et parcours fixes.

En fonction du budget de mes clients et de l’ambiance recherché durant leur séjour, je peux donc me mettre en quête de leur hébergement et de leurs transferts pour toutes leurs étapes principales.

Il y a certes des pays chers et des pays moins chers, et des pays tellement pas chers qu’il y est parfois bien moins coûteux d’y vivre qu’à Paris. Exemple typique : Bali. J’ai des clients qui partent vivre trois mois à Bali en louant leur appartement en France durant la même période. Le loyer de leur logement, en France, leur permet d’assurer tranquillement leur quotidien sur place, dans d’excellentes conditions....

Grâce au net, de plus en plus de grands voyageurs ou même de nouveaux voyageurs, se constituent leur carnet d’adresses de points de chute via leurs relations par mail. Je citerai pour exemple le plus fort celui d’un breton pour lequel j’ai organisé un voyage autour du monde composé d’une trentaine de destinations sur une durée de 3 mois. Son objectif était d’entrer en contact avec des bretons installés aux quatre coins de la planète. Par le biais du courrier électronique, celui-ci a pu constituer son carnet d’adresses pour être hébergé sur place à chaque étape. Sponsorisé par le Conseil Régional de Bretagne et suivi par différents médias locaux, ce voyageur dressera le portrait de ces bretons du bout du monde...

ATM : tout le monde n’a pas le sens relationnel aigu de ce breton, comment procédez-vous pour aider vos clients à calculer leur budget de dépenses sur place ?

Si le tour du monde choisi passe par des pays où le niveau de vie est peu important, je conseille généralement de prévoir environ 300 FF par jour et par personne pour se loger, se transporter et se nourrir. 150 FF suffisent pour certaines destinations. Mais tout ceci peut aussi varier du simple au double en fonction du pays... j’avoue que ce n’est pas si facile à calculer et que les inconnues existent... Mes clients, procèdent le plus souvent par recoupements à partir de guides comme le Lonely Planet, le Guide du Routard ou le Petit Fûté qui regorgent d’adresses permettant de voyager à moindre frais quel que soit le lieu... Cette préparation est un vrai travail. Le net est aujourd’hui vraiment utile pour le mener à bien.

ATM : outre le principe même du tour du monde, proposez-vous des voyages à thèmes ?

Passionné de voyages en train, à titre personnel, je propose des tours du monde ou semi tours du monde permettant d’emprunter, à la carte, certains des plus beaux trains de la planète : le train bleu en Afrique du Sud (ou le train local, plus authentique sur le même parcours), L’Orient Express entre Bangkok et Singapour, l’Indian Pacific entre Perth et Sydney, les trains en Chine, le train des Maharadjahs en Inde et des trains en Amérique du nord comme le Transamerica qui traverse d’est en ouest le territoire, de Chicago à Los Angeles...

Mais ce qu’il faut retenir, c’est que tous les thèmes peuvent être imaginés dans le cadre d’un grand voyage : ethnologie, culture, histoire, nature... Tous ne rentreront pas dans l’enveloppe budgétaire initiale du voyageur. Mon intervention consistera donc à rationaliser l’ensemble tout en conservant l’esprit d’origine du voyage.

ATM : quelles sont les règles d’or d’un tour du monde réussi ?

Bien se documenter avant de partir. Il n’est pas rare que je rencontre des voyageurs qui préparent durant un à deux ans leur grand voyage. Cette préparation est indispensable pour saisir toutes les différences ou les rapprochements entre les cultures et les environnements. Se documenter d’un point de vue géographique ne suffit pas. Je conseillerais de s’intéresser aussi à l’histoire, l’archéologie, les traditions populaires...

L’autre règle d’or est de ne pas partir moins de trois semaines, ce qui est le minimum pour réaliser un petit tour du monde ou un tour de continent.

Laurence Garçon

INFOS PLUS :

Comment questionner Michel Deparis à propos de votre projet ?

Le mail est un excellent premier contact, mais il vous faudra soit lui téléphoner, soit le rencontrer (ce que nous conseillons vivement). Avant ce premier contact, notez les objectifs de votre voyage, dressez la liste des grandes destinations que vous désirez à tout prix visiter, le temps dont vous disposez et votre budget tout compris. Michel de Paris vous questionnera et vous orientera à partir de ces éléments préparés. Vous verrez, c’est un vrai travail d’équipe...

Les Connaisseurs du Voyage
10 rue Beaugrenelle, 75015 Paris, France
Site : http://www.connaisseursvoyage.fr

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